01 mai 2008
Rien...
Aujourd'hui premier mai et lendemain de mes échéances de concours, je ne fais rien, comme un gros manche! Et entre nous, je l'ai bien mérité!^^
27 avril 2008
L'antisèche des écrivains
Je crois avoir oublié de donner le lien de cet excellent site répertoriant une liste, certes non exhaustive (mais qui peut prétendre à l'exhaustivité en la matière) mais très fournie néanmoins, d'appels à textes et images de toute sorte. Cette erreur a été corrigée dans mes liens.
Bien connue des auteurs un peu chevronnés, l'antisèche guidera utilement tous nos amis novices ou peu rodés avec l'usage des sites et des forums concernant notre passion. Surtout que la plupart des recherches amenant vers "Un pas de l'autre côté de la ligne" concernent les AT, alors merci qui?
26 avril 2008
Traversées Oniriques: et deux nouvelles de SF pour le prix d'une!
Je ne boude pas mon plaisir en vous annonçant la publication simultanée de mes deux nouvelles de science fiction "Le Temps des poussières" et "Aube Mortelle" sur le site des "Traversées Oniriques".
Séquence "gonflage de chevilles" donc, mais pour ceux qui aiment la SF "académique" de derrière les fagots, voilà au moins un peu de lecture gratuite. Vous remarquerez sans doute qu'elles se déroulent dans le même univers mais le jury des Traversées n'a pas tout de suite fait le rapprochement. Maintenant, leur arrivée simultanée sur le site prend une toute autre saveur.
24 avril 2008
Un souffle de vie?
Journée décidément bizarre, une sorte de tragicomédie en quatre actes avec unité de temps et de lieu: aujourd'hui, mon lieu de travail.
Journée décidément bizarre où l'on m'a asséné aussi sûrement les reproches que les espoirs d'un avenir meilleur.
Mais on m'a donné surtout ceci:
ça, c'est un cadeau spontané d'un enfant. Petit bouquet si fragile bravant l'inexorable processus de décomposition. Préparé avec minutie dans les toilettes dont je suis censé contrôler les accès.
ça n'a l'air de rien mais ça fait chaud au coeur. Comme un souffle de vie, ça n'a pas de prix...
14 avril 2008
Les éditions Cinquième saison changent de nom
Et d'ailleurs ce changement fera l'objet d'un mini appel à texte. Désormais, votre maison favorite s'appellera "Editions Mille saisons".
Les liens de ce blog sont corrigés dès à présent et vous pouvez faire de même chez vous si vous en avez, de même, pensez à en parler aux webmestres de sites qui fourniraient des liens vers anciennement Cinquième Saison afin qu'ils les renomment. Voici le message de la patronne:
C'est avec une grande émotion (et une grande fatigue) que je vous annonce le changement de nom des éditions 5ème Saison.
Nous devenons les éditions des Mille Saisons.
Et le logo (que vous pouvez voir sur la bannière) a été créé par Acerb
Vous allez me demander pourquoi ce changement de nom... Ca tombe bien
ça va être le sujet d'un mini appel à texte. (plus d'explication dans
un autre sujet)
Au fur et à mesure on va corriger le nom sur le site mais aussi sur
le web en général et comme ça prend du temps, ce serait sympa que si
vous tombez sur des sites où il est question de 5ème Saison soit
- vous m'envoyez un petit message
- vous envoyez un message au webmaster du site en question
Pareil si vous voyez que sur notre site il y a encore des références, n'hésitez pas à le mentionner.
"Aube mortelle" crève le plafond à mach 16!
Bon, ça faisait longtemps que je n'étais pas passé par la case "gonflage de chevilles", mais je suis fier de vous annoncer la publication prochaine de "Aube Mortelle", qui a été élue pour le cinquième concours de "Traversées Oniriques".
C'est donc un doublé pour un deuxième texte se déroulant dans un univers de Sf très personnel, le même que "Le temps des poussières":
Titre: "Aube mortelle"
Genre: Science-fiction
type: nouvelle
état: publication prochaine aux Traversées Oniriques.
Résumé: La petite République de Nouvelle Prétoria est assiégée
par les forces dix fois supérieur en nombre de la croisade Rédemptrice
du cardinal Zirner. Dans ce contexte, la jeune et brillante as Katlyn
Curtiss est une véritable héroïne nationale. Sa prochaine mission
consistera à s'infiltrer derrière les lignes ennemies pour abattre un
puissant personnage de la croisade.
Voilà qui me permet de mettre à jour le tableau magique des appels à texte:
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Titre |
Type de document |
Organisateur |
Résultat |
|
« L’utopie des Magonians » |
Nouvelle, SF (uchronie) |
Songes du crépuscule |
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« La complainte d’Emerata » |
Nouvelle, Fantasy |
Parchemins et traverses |
Finalement refusée |
|
« Antechristus » |
Nouvelle, SF (space-opéra) |
Traversées oniriques |
Finalement refusée |
|
« Le prix de Zarathus » |
Nouvelle, Fantasy |
L’antre de la Louve |
|
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« Psychomachie » |
Nouvelle fantastique |
Traversées oniriques |
Refusée, mais finit dans les cinq premiers du concours |
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« Syrthus d’Oustremande » |
Nouvelle, fantasy |
Songes du Crépuscule |
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« La griffure » |
Nouvelle, fantastique |
Mort Sûre |
|
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« Le Grand-père des Crêtes » |
Nouvelle, fantasy |
Traversées oniriques |
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« le jeu du chat mortel » |
Nouvelle, fantastique |
Nuits d’Almor |
Refusée, réécrite et insérée dans un recueil. |
|
« Le temps des poussières » |
Nouvelle, science-fiction |
Traversées Oniriques |
Retenue, publication prochaine ! |
|
« La reine de chair » |
Nouvelle, fantastique |
Mort Sûre |
Refusée |
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« Une chanson de l’âge sombre » |
Nouvelle, médiéval fantastique |
Allégorie du silence |
Refusée |
|
« Aube mortelle » |
Nouvelle, science-fiction |
Traversées Oniriques |
Retenue, publication prochaine ! |
10 avril 2008
Premiers numéros de "brouillon supérieur", les PDF
Le 101ème message sur "Un pas de l'autre côté de la ligne" sera court mais en aucun inutile puisque je vous livre les versions PDF de mes divagations enfiévrées, à lire et imprimer chez vous si vous avez le coeur accroché!^^
dis_v_rit_s_sur_l_activit__d__crire
Brouillon_sup_rieur__de_la_fantasy
Brouillon_sup_rieur___cueils_de_la_fantasy
Merci qui, Merci Gros lézard!
09 avril 2008
Brouillon supérieur : Des écueils de la fantasy
Vous l’attendiez tous (du moins ceux qui me suivent dans mes divagations), voici la suite de « Brouillon supérieur » concernant la fantasy et plus particulièrement ses écueils. Après la présentation générale, nous allons passer aux choses qui fâchent.
Je précise tout de suite que si je vais être volontairement moqueur (peut-être méchant pour certains, mais bon, le discours compte moins que le contenu), mais qu’il y a des précédents en matière de tutoriaux d’écriture.
Je vous invite donc, avant tout chose, à consulter les liens suivants :
– Les aventures de Robert sur le blog de Syven
– L’article « comment ne pas écrire des histoires » sur le site de la revue canadienne Solaris
– Le blog de Chwip pour ses conseils avisés en général
Advanced couacs et clichés
Clichés, lieux communs, exagérations, anachronismes, dérapages… La démarche du jeune auteur se heurte inévitablement à des écueils lorsqu’il s’agit de fantasy, surtout lorsqu’il s’agit de fantasy : d’une part car il s’agit d’un genres les plus pratiqués par les amateurs et d’autre part car le maniement de mondes fantastiques, de concepts fantastiques (et je pense en particulier à la magie) induit des difficultés qui, rapidement, peuvent plomber votre histoire et remettre en cause sa cohérence.
Heureusement pour un œil averti comme le lecteur de comité que je suis, ces écueils sont récurrents et se retrouvent dans un nombre significatif de textes de fantasy. C’est pourquoi je vais pouvoir en détailler une petite liste, non exhaustive toutefois :
Hyper
fantasy
C’est une des dérives que je rencontre le plus souvent lorsque je lis un texte. J’appelle hyper fantasy la tendance de certains jeunes auteurs à pousser leurs concepts fantastiques loin, très loin même, au point que leurs mondes perdent en cohérence et ne finissent par ne plus avoir de base réelle. Bien souvent, un récit tombant dans l’hyper fantasy souffre de déséquilibres flagrants : personnages trop puissants, « système » de magie mal expliqué qui, creusé à fond, remettrait en cause la cohésion de l’univers, aspects matériels volontairement laissés de côté pour le spectaculaire…
On peut dire que l’hyper fantasy est en fait l’inverse exact du réalisme absolu : là où un auteur sera resté enfermé des mois voire des années dans son bureau pour produire un grand roman historique irréprochable sur le plan de la cohérence, un auteur donnant dans l’hyper fantasy va s’affranchir, lui, de toute contrainte de cohérence et de réalisme pour faire ce qui lui plaît. Dans les deux cas, les auteurs sus cités se mettent dans ce que j’appellerais une « logique d’échec » mais de cela j’en parlerai un peu plus tard dans un autre article. Un univers donnant dans l’hyper fantasy saute tout de suite aux yeux d’un éditeur : il est souvent mal décrit, réduit à quelques lieux et personnages impliqués dans l’intrigue et ses concepts fantastiques sont mal maîtrisés.
Par exemple : dans un monde médiéval fantastique qui apparaît somme toutes assez classique, un héros et sa princesse sont poursuivis par un puissant chevalier noir. Le problème est que les héros ont plus de quinze jours d’avance sur lui mais qu’on est à peu près sûr, pourtant, de retrouver le chevalier noir impliqué dans la prochaine baston à laquelle participeront les héros dans la prochaine ville qu’ils visiteront. C’est à se demander s’ils ne le retrouveront pas en train de boire l’apéro à la terrasse de leur auberge alors qu’il ne dispose d’aucun renseignement sur eux… Alors, bien sûr, vous allez me dire : « c’est de la littérature, on s’en fout, on est pas à un calcul de distance près ». Sauf que non, écrire un bon livre exige une certaine dose de rigueur : là où le cinéma, un scénario de jeu de rôles ou un conte de fée peuvent se permettre quelques incohérences (le dernier par sa portée symbolique, dépassant le simple récit narratif), le roman ne le peut pas.
Ainsi, dans mon exemple, l’auteur a intérêt à expliciter comment fait le chevalier noir pour se trouver chaque fois au bon endroit, au bon moment : peut-être a-t-il un destrier démoniaque qui lui permet de se déplacer de jour comme de nuit ? Peut-être suit-il le héros car celui-ci porte une marque magique qu’il peut reconnaître et flairer ? Mais alors, cette magie possède une portée qu’il ne faut pas sous estimer et qui va inévitablement poser d’autres questions : qui a fait cette marque magique et comment ? Est-ce là une forme de sorcellerie habituelle dans le monde de ce roman ? Et ce destrier exceptionnel, n’a-t-il pas fini par attirer curiosité, rumeurs et convoitises ? Il est toujours plus facile de le faucher au chevalier noir mort que de s’en procurer un soi-même et sans doute d’autres personnages y auront-ils pensé avant le héros…
Autre exemple auquel j’ai eu affaire : des dragons attaquent une bourgade dont tous les habitants, ou presque, sont sorciers. L’attaque est finalement repoussée avec des pertes et des dégâts. Un peu plus loin, une petite de 4 ans du même village transforme son grand frère en crapaud buffle car celui-ci l’a agacé lors du dîner familial : visiblement, l’auteur n’a pas réfléchi à toutes les implications d’un sort aussi puissant entre les mains d’une fillette. Cela veut dire, au-delà du comique de la situation, qu’une petite fille sans expérience peut neutraliser à peu près n’importe quel ennemi. D’où la question que l’on peut se poser : pourquoi les citadins n’ont-ils pas utilisé ce sort bête comme chou pour transformer leurs ennemis orques et dragons en animaux inoffensifs avant de les concasser à la masse ou de les griller à la boule de feu ?
Vous voyez à présent qu’aucun concept fantastique n’est sans conséquence sur votre monde et que, mal maîtrisé, le surnaturel peut vite déraper : surtout qu’en l’occurrence, en fantasy, le fantastique est la normalité là où il est une intrusion de surnaturel dans le genre fantastique.
Alors bien sûr, vous pouvez aussi décider de donner dans l’absurde et le comique à la Terry Pratchett. Sans rire, beaucoup de jeunes auteurs le font ne serait-ce que par admiration envers le grand auteur. Sauf que n’est pas Pratchett qui veut car son humour est très spécial, fin, et ses œuvres particulièrement fouillées. Entre nous, je vous déconseille fortement de commencer par ce genre de pastiches (ou alors seulement comme exercice de style en atelier d’écriture), et je ne dis pas ça seulement parce que je n’aime pas la fantasy humoristique… Pratchett est un OVNI dans l’éventail de la fantasy, pas un modèle à suivre pour les débutants !
Ultra
violence et « sombre darkitude »
J’adore les univers gothiques et les histoires sombres, sanguinolentes, désespérées, je suis le premier à en écrire. Le décorum de ce blog devrait vous en persuader d’ailleurs.
Cependant certains jeunes auteurs, qui donnent volontiers dans ce registre, en font vite trop et le plus souvent, l’ambiance de leurs récits tombe à plat. Je veux dire par là qu’il y a une bonne et une mauvaise façon d’instiller une ambiance sombre et malheureusement pas de recette miracle pour trouver la bonne façon : tout dépend de votre manière de montrer les choses, de faire passer les émotions. A l’instar d’un cinéaste, vous êtes, vous écrivain, l’œil subjectif du narrateur et celui qui guide le lecteur. Ce n’est pas tant les faits atroces, violents, ou les ambiances glauques que vous décrivez qui sont importantes mais votre façon de le faire. C’est toute la différence entre un King ou un Masterton et un roman de gare, toute la différence entre un Stanley Kubrick et la fiction fantastique du jeudi après midi…
Ainsi, par exemple, traitée par un bon auteur, le meurtre de la mère d’un personnage sous ses yeux peut être un véritable moment de cauchemar. Sauf que beaucoup de jeunes auteurs n’arrivent pas à leur but avec ce genre de choses et que le plus souvent, leurs mises en scène tombent à plat : souvent le héros ne réagit pas comme il devrait (par exemple, il discute tranquillement avec sa copine deux heures à peine après le meurtre) ou plus souvent encore, l’élément censé instiller l’horreur ou le malaise arrive au mauvais moment car il est totalement gratuit. C’est le syndrome du téléfilm de l’après-midi où on rit au lieu de pleurer face au jeu d’acteur du comédien. Globalement, beaucoup de débutants se basent sur les films d’épouvante, les thrillers et les polars commerciaux pour trouver leurs ambiances. Par là même, ils usent et abusent des meurtres qui finissent par se banaliser.
En fantasy, même si ce « glauque de seconde classe » est moins présent qu’en fantastique, on trouve une certaine propension des jeunes auteurs à user (et abuser) de la violence guerrière, souvent attachée au genre il est vrai. Le problème est que dans ces univers barbares de carton pâte, la violence est banalisée au point qu’elle en passe inaperçue : autrement dit, elle n’émeut ni n’interpelle plus lecteur. Un univers où le tyran de service s’adonne aux sacrifices d’enfants, s’assoit sur un trône d’os humains en bouffant de la viande crue et fait exécuter son serviteur pour la moindre broutille est à la fois cliché, exagéré et sans intérêt. Que peut un héros dans un monde où le moindre paysan peut se faire égorger à la sortie de sa chaumière dès qu’il va cultiver ses navets, monde qui est corrompu jusqu’à la moelle, où l’on peut invoquer des démons d’un claquement de doigt, et qui sera certainement détruit tôt ou tard, par des dieux cruels et jaloux ?
Bien sûr, ce syndrome se rencontre davantage chez de jeunes auteurs rôlistes : sachez que les jeux de rôle fantasy, avec leur univers souvent ultra guerrier, doivent offrir une offre de combat et de « partie adverse » aux personnages des joueurs. Alors réfléchissez bien avant d’utiliser l’ultra violence dans vos récits.
Amour,
sexualité et pente glissante
Ah les histoires d’amour ! Elles sont, avec les bonnes batailles, une des composantes les plus répandues des récits fantasy.
Il est normal que vos héros en aient, bien que l’histoire ne le justifie pas toujours. La question à se poser est : « mon histoire d’amour sert-elle l’intrigue ou est-elle totalement parallèle à l’histoire ? N’est-ce qu’un truc en plus pour intéresser le lecteur ? ». Dans les trois cas, ce n’est pas exactement un écueil mais il est clair qu’une histoire d’amour dans un récit tient mieux la route si elle parfaitement intégrée à l’histoire et que vos personnages sont crédibles dans leurs sentiments et leurs réactions. Cela ne coûte rien de le dire, mais c’est bon de le rappeler.
Une bonne histoire peut très bien se passer de romance mais l’inverse n’est pas vrai : sinon, vous prenez le risque d’écrire une sorte de pseudo arlequin où votre univers et votre intrigue passeront au second plan et croyez-moi, les éditeurs spécialisés en littérature romantique et érotique ont leur carnet d’auteurs fidèles bien fourni, ils n’ont pas besoin de vous ! Je vais citer, pour une fois, le Seigneur des anneaux en exemple : épopée plutôt basée sur la gloire guerrière et la nostalgie d’une époque de légendes qui touche à sa fin, cette œuvre se passe de romance la plupart du temps. Celle entre Arwen et Aragorn n’apparaît en fait que dans les appendices, celle entre Faramir et Eowyn à la toute fin de la saga, pourtant, celle-ci ne s’en porte pas plus mal et reste une référence en matière de fantasy. Tout cela pour vous dire que le traitement de la romance et de l’amour, tout passionnant qu’il est, est une pente glissante : souvent, dans les histoires, la petite amie du héros se contente d’être un faire valoir, un objet de quête qu’il finit par conquérir. Si vous tenez vraiment à mettre en scène une (ou plusieurs) histoire d’amour, tâchez de le faire plus finement et de proposer quelque chose de plus savoureux à vos lecteurs.
Dans le même sujet, je place la sexualité et son traitement souvent mal maîtrisé par les jeunes auteurs. Sachez que vous prenez un gros risque à faire apparaître des scènes de sexe explicite dans vos récits : à la fois celui de verser dans la pornographie et celui de donner dans le ridicule, voire les deux. Alors je ne dis pas que vous devez absolument effacer toute trace de sexualité dans votre récit (à moins d’écrire pour la jeunesse), car vous risquez également de tomber dans un autre travers, celui de la négation : c’est le cas quand, dans les longues sagas en particulier, des enfants finissent par apparaître aux héros sans qu’on ait évoqué au préalable la manière dont ils sont apparus, comme si celle-ci était obscène. On remarque que les héros de fantasy ont le plus souvent soi une sexualité proche du zéro absolu soi celle de Rocco Siffredi (plus rarement) et ce, sans juste milieu.
Il est clair que si vous ne savez pas traiter les scènes de sensualité, abstenez-vous ! Ou bien allez plutôt lire les sujets de Tabou érotique, qui je le rappelle, n’a rien de cochon et traite cet aspect particulier de la littérature, vous y trouverez des débats et des conseils.
Pour faire simple : vos récits de fantasy peuvent donner lieu à des scènes de sensualité, parfois même bienvenues, mais ne doivent pas donner dans la pornographie : j’ai connu personnellement un manuscrit qui était truffé de scènes pouvant durer plus d’une page (3600 caractères !) et tombant généralement comme un cheveu sur la soupe : par exemple, les héros qui vont « faire leur affaire » pendant l’incendie d’un village sans qu’aucune position sexuelle ne soit épargnée au lecteur (ne riez pas, c’est 100% authentique).
Considérations
contemporaines
Classique quasiment incontournable des écueils de la fantasy : les considérations et jugements contemporains rapportés dans un monde où ceux-ci n’ont pas lieu d’être.
Les auteurs débutants en fantasy sont souvent jeunes voire très jeunes, et encore pétris d’idées révolutionnaires, ou du moins ont en eux une petite flamme de défi et de contestation. C’est leur droit le plus sacré.
Sachez néanmoins que les préoccupations des anciens (entendez par là, les gens d’avant l’ère industrielle et les grandes révolutions politiques) étaient fort différentes des nôtres. A l’époque de l’Ancien Régime, il n’était nullement question de libertés individuelles, de développement économique, de libre échange (les premières révoltes qui ont précédé la Révolution Française, comme celles de Guyenne, portaient justement sur l’évasion du blé, denrée principale, et envoyée à l’étranger au nom du libre échange trop tôt instauré dans un pays, la France, qui en était resté à des techniques archaïques), encore moins de démocratie. Alors bien sûr, agitateurs et anarchistes ont toujours existé, mais en général le pouvoir des seigneurs et des rois n’était pas remis en cause par la populace du moment que ceux-ci respectaient leurs obligations (protéger le peuple contre l’ennemi, gouverner selon les bonnes coutumes et traditions et non comme un tyran). Le tsar Nicolas II, en faisant tirer sur la foule, a brisé ce lien sacré et en a récolté les fruits…
Pour les gens des époques anciennes, un monarque ou un seigneur reste une référence sûre, il est contesté lorsqu’il est incompétent, pas quand il brime leurs libertés… Ce qui est plutôt amusant quand on sait qu’Aristote, Démosthène et d’autres intellectuels de l’Athènes antique pensaient que la monarchie était le régime du passé alors qu’au final, l’invasion macédonienne a promu la royauté comme un régime typiquement grec…
Je vous livre ces exemples pour mettre le doigt sur une chose essentielle : les choses qui nous paraissent évidentes à notre époque ne sont pas transposables aux époques les plus anciennes, et donc non transposables à un monde fantasy. Un héros pourra faire valoir, sa révolte, son libre arbitre mais s’il se met à tenir des discours contre l’ordre établi, les nobles, le roi, la religion d’état, vous risquez de créer un anachronisme : personne n’est totalement incroyant dans un monde « arriéré », personne ne remet en cause non plus les structures existantes et la sécurité qu’elles apportent. Alors bien sûr, il a existé de nombreuses révoltes paysannes comme urbaines : elles se sont formées à la faveur de la famine, de décisions venues d’en haut qui font peur, ou encore de rumeurs infondées (le Paris de Louis XIV s’est enflammé à cause d’une rumeur fausse mettant en cause le lieutenant de police du roi et ses enlèvements d’enfants supposés). En aucun cas les gens qui se sont soulevés n’ont songé un instant à établir un régime égalitaire à la place…
Tout cela pour dire que les idées et préoccupations contemporaines rapportées en fantasy sonnent faux, comme des anachronismes, ne vont pas avec la mentalité des gens d’un monde antique ou médiéval : leurs besoins ne sont pas les mêmes, la société de consommation n’existe pas chez eux pas plus que l’aspiration au bien être individuel et par là même, leurs préoccupations politiques ne sont pas les mêmes.
Machisme
et misogynie
C’est un peu
l’aspect inverse de celui que je viens de développer précédemment, ou du moins
un des aspects. Il ne se rencontre pas tout le temps, mais quand c’est le cas,
c’est tout particulièrement énervant pour l’œil d’un lecteur critique.
Sous prétexte d’époque ancienne, certains jeunes auteurs ont tendance à montrer leurs héros comme de parfaits goujats, voire comme des phallocrates de la pire espèce. Je me souviendrais toujours d’un manuscrit où un chef barbare traite les guerriers de son ennemi de « ramassis de femmes criant au viol dans une caverne », il y a de quoi rire !
Alors certes, Conan est un gros macho selon certains standarts, mais d’une part, R. E. HOWARD était un auteur spécial avec une relation plutôt spéciale aux femmes (mais globalement un homme timide et courtois en vérité), d’autre part, le machisme de son héros se base plutôt sur les présupposés qui sont propres à sa culture de barbare cimmérien : les hommes occidentaux sont braves et dignes mais peu subtils, les femmes occidentales sont de très belles potiches, les femmes orientales sont moins « sexy » mais plus malignes (et d’ailleurs Conan se marie avec une d’elles) tandis que les hommes orientaux sont intelligents mais souvent fourbes et cruels. L’aspirant roi Conan pense plutôt par « croisement » que par dichotomie.
De toute façon, votre héros n’a nul besoin d’être une copie de Conan ni d’être misogyne pour exister dans son univers. Globalement, dans le vrai Moyen-âge, la femme n’a en théorie aucun pouvoir politique si elle n’est pas née dans le bon milieu social, en pratique, nobles incompétents, rois falots et marchands sans envergure se sont souvent fait gouverner leurs affaires par leurs mères, sœurs ou épouses, les femmes ont droit de combattre dans les milices jusqu’au XVème siècle, et dans le bas peuple, les rapports de force sont plus équitables car hommes et femmes sont solidaires de leurs biens et se sont souvent mariés entre amis d’enfance.
Dans un univers arriéré, les femmes peuvent parfaitement avoir leur place tant qu’elles ne tiennent pas trop la vedette aux hommes et c’est d’ailleurs encore le cas de nos jours, mais de manière plus informelle^^.
Races
non humaines
Les races non humaines : elfes, nains, êtres fées et autres personnages étranges font souvent le charme de la fantasy.
Je dis « souvent » car ce n’est pas systématique, ni une spécificité du genre fantasy : la SF regorge peuples exotiques (extraterrestres, mutants, psioniques…) et même certaines œuvres fantastiques (Lovecraft a créé des races plus ou moins monstrueuses telles que les Tchos-Tchos, les Hommes des sables, les Profonds…). Inversement, certaines œuvres fantasy n’ont pas, ou quasiment pas de non humains : c’est le cas du cycle de Conan où le peu de peuples fantastiques rencontrés sont des monstres, des accidents de la nature ou de l’évolution, quelque fois des représentants des peuples serpents qui ont régné longtemps avant l’homme sur Terre…
J’avance ces exemples pour rappeler aux jeunes auteurs qu’à l’instar d’un concept fantastique ou magique, une race non humaine doit être un minimum pensée, avoir un rôle à jouer dans l’univers et le récit. Vous n’êtes pas, sous prétexte qu’il s’agit d’un récit de fantasy, obligé de mettre des elfes, des nains, des orques ou encore des trolls dans votre roman si cela ne sert pas votre histoire. Certains auteurs pensent même qu’il faut s’abstenir de toute introduction d’inhumains dans un récit de fantasy si ceux-ci ne sont pas absolument étrangers à la race humaine et si leur rôle peuvent être remplis par des humains. Personnellement, je ne tiendrais pas une position aussi extrême, pour la bonne et simple raison que ces deux conditions seront toujours réunies : d’abord il est impossible à l’être humain de penser une race fondamentalement différente de ce qu’il connaît, d’autre part, toute race non humaine peut être remplacée par un peuple humain (les orques peuvent l’être par des barbares etc.).
Les non humains font partie du charme de la fantasy, ne serait-ce que parce que leur existence y est mystérieuse tout en étant admise, contrairement aux ET et mutants de la SF dont on se doute des origines. De plus, les hommes ont toujours imaginé des êtres plus ou moins humains ou animaux qui ne sont en fait que trop humains : les premiers dieux poliades ne sont pas autre chose !
Cependant, il faudra faire attention à ne pas tomber dans le cliché, à bien concevoir les peuples non humains de vos mondes. Les elfes, nains, orques et gobelins tels que nous les connaissons ont été en fait popularisés par les jeux de rôle papier et informatique, et ont plus ou moins la forme que leur a donné Tolkien, qui est la référence (quoique la lecture du Silmarillion réserve quelques surprises en ce sens). Des races trop « tolkieniennes » sautent aux yeux et ont tendance à agacer les comités de lecture qui s’attendent alors à lire une mauvaise transcription de vos parties de jeu de rôle favorites. En mettre systématiquement dans vos récits n’a aucun sens. Prenez donc les clichés à contre pied.
Enfin, faîtes attention aussi à ne pas réagir par l’absurde : la vraie originalité d’un monde ne tiendra pas au fait que vous aurez créé des elfes montagnards buvant de la bière, des nains forestiers chanteurs et des orques non violents. La conception de peuples inhumains demande du travail et pas mal de réflexion et d’imagination, mais le résultat peut-être savoureux.
Langage
médiéval :
Des tics de langage plutôt énervants apparaissent parfois dans les récits de fantasy. Ils tiennent essentiellement à une vision biaisée des auteurs de la façon de parler des anciens.
Civilisation de l’oral, les hommes du Moyen-âge n’étaient pas de sombres crétins et compensaient l’analphabétisme par la prise de parole, la chanson (qui tenait une grande place), les contes etc. De même, ils ne juraient pas à tout bout de champ !
Le parler « visiteurs » est déjà difficile à supporter en jeu de rôle, en roman c’est impardonnable. A moins d’être comme Tolkien et d’avoir inventé votre propre langue imaginaire, vous ne savez pas parler la langue de vos personnages (pas même si votre récit est réaliste et qu’il s’agit de vieux français, croyez-moi !), aussi ne connaissez-vous pas leurs vraies expressions et tics de langage, alors transcrivez-les plutôt en français compréhensible pour les lecteurs : pas de latin de cuisine ni de « prout ! chariotte ! » par pitié !
Evitez toutefois les anachronismes de langage du genre : « je suis frigorifiée ! » car par définition, votre chasseresse elfe ne peut pas avoir connaissance des frigos à moins de vivre dans un monde « steam punk » (XIXème siècle fantastique avec des machines infernales à la Jules Verne), mais ça, je vais en parler un peu plus loin. Par définition aussi, votre chasseresse elfe n’emploiera pas de mots d’argot contemporain tels que « je kiffe grave le paladin » ou « je vais pécho des infos en ville», j’exagère volontairement mais ça se rencontre parfois.
Les « tics » de langage pseudo médiéval peuvent aussi se rencontrer sous la forme d’un langage ampoulé, trop soutenu, parfois employé dans des situations incongrues (combats, urgence…).
Dans tous les cas, évitez les exagérations, pensez à votre personnage, à sa nature et à son niveau d’éducation avant de le faire intervenir dans un dialogue.
Encyclopédie :
C’est l’excès qui conduit certains jeunes auteurs à noyer le lecteur sous un flot d’information car il aura au préalable créé un univers à la Tolkien : hyper touffu, avec 250 races non humains, 120 royaumes et 200 classes de personnages.
Je me moque, mais combien de manuscrits nous arrivent avec de longs préambules, souvent rasoirs et incompréhensibles, alors qu’en fait très peu d’aspects de l’univers seront utilisés par le récit. Vous aurez peut-être les temps et les moyens de vous lancer dans une encyclopédie de votre monde… après la publication de votre roman sera le mieux !
Le
« syndrome » de l’encyclopédie ce n’est pas l’univers au service du
récit mais l’univers contre le récit. Or vous n’écrivez pas un jeu de rôle mais
un roman, votre seul talent de conteur devra mettre l’ambiance et les
digressions trop longues sur le monde, au mieux barberont le lecteur, au pire
lui feront abandonner la lecture et ça, ce n’est pas bon pour vous !
Anachronismes
et autres couacs historiques :
Si votre récit est historico fantastique ou para historique, une certaine rigueur vous sera demandée quant à la maîtrise de votre sujet. Il est bien sûr dangereux et ridicule de vous lancer dans un récit sur la Bretagne du VIIème siècle si vous n’avez pas un minimum de connaissances vous permettant de vous servir de cet univers : comités de lecture et lecteurs vous attendront au tournant, et croyez-moi, certains décèlent au moins 24 erreurs historiques à la minute, j’exagère à peine.
Le genre « mythe arthurien » vous autorise une certaine liberté car il fait une « ellipse » temporelle où les hommes du VIème siècle après JC vivent un âge merveilleux où les règles d’amour courtois et les progrès techniques du XIIIème siècle (l’époque des écrivains) sont présents : armures de plates gothiques, arbalètes etc.
Dans le cas d’un récit « totalement » fantasy, vous avez toute latitude pour fixer le niveau technologique et le développement de vos civilisations. Evitez toutefois les délires ou les anachronismes trop évidents : les villes médiévales n’ont pas de plan ni de numéro de rue, encore moins d’éclairage public. Plus subtilement, des auteurs commettent parfois des anachronismes mineurs dans les dialogues de leurs personnages ou même dans la narration : par exemple l’adjectif « frigorifié » que j’ai lu pas moins de vingt fois dans un récit « antique fantastique » alors que manifestement, le frigidaire n’appartient pas au monde des personnages.
Je pousse même la maniaquerie jusqu’à bannir le système métrique de mes récits, même dans la narration « objective » (non dialoguée) : le mètre est un étalon récent obtenu à l’aide d’observations de physique nucléaire. Les anciens mesuraient en pieds, en coudées, en lieues, pesaient en livres etc. Si vous avez le cœur accroché, inventez donc un système de mesure propre à votre monde mais compréhensible par le lecteur (« le château du baron Fortesque se trouvait à cinq portées de flèches de la ville… ») ou par défaut, choisissez en un en vigueur au Moyen-âge.
Imitation,
plagiat, intertextualité
Vos propres récits seront sans doute influencés par votre culture générale, vos lectures, et vos préférences littéraires en général : cela, ça s’appelle l’inspiration.
Par contre, nombre de jeunes auteurs ont tendance à répéter l’ambiance et les concepts d’un monde qui leur a plu au point de rendre aux comités de lecture une pâle copie d’une ou plusieurs œuvres vues ailleurs : ça, c’est l’imitation. L’imitation peut venir d’un manque d’imagination mais surtout, à mon avis, d’un manque de recul par rapport à la création d’autres auteurs plus chevronnés. Elle est en tout cas très mal vue en comité de lecture : si vous n’avez rien vous-même à proposer d’original, pourquoi écrivez vous qui du pseudo Howard, qui du pseudo Tolkien, qui du pseudo JK Rowling, ou pire, du pseudo Goodking ? Un éditeur, surtout un gros, peut déjà s’offrir des traductions d’auteurs étrangers sans avoir besoin de vous.
Les éditeurs reçoivent un tas de textes plus ou moins inspirés de tel ou tel grand auteur : lire les autres est bien, les imiter ne vous mènera à rien. A la rigueur, il serait même bon de vous abstenir de lire des pelletées de trilogies avant de vous lancer dans l’écriture d’un récit fantasy : vous aurez moins de chance d’être influencé par les poncifs du genre. Oui, ce que je dis est iconoclaste et je l’assume !
Alors bien sûr, vous pouvez écrire des fan fictions dans vos univers favoris, mais il s’agit d’un exercice de style et vous ne dépasserez pas le cadre du fanzinat car une fan fiction ne peut s’élever au même niveau que son modèle, qui est une œuvre de maître par excellence.
Le plagiat est
autre chose que l’imitation, il dénote, lui, d’une démarche volontaire visant à
s’approprier les idées originales d’un autre auteur, là où l’imitation est plus
un processus inconscient visant à reproduire ce qui a été jugé comme bon à un
moment donné. C’est heureusement très rare en littérature, bien qu’il s’agisse
d’une des grandes peurs des jeunes auteurs : même si quelqu’un venait à
piquer vos idées, il n’est pas dans votre tête, ne fera pas votre récit et
devra accomplir le même parcours du combattant que vous pour se faire éditer,
pas facile hein ? On ne peut pas en dire autant du plagiat qui sévit dans
le domaine de l’illustration et qui lui, est un véritable fléau, d’autant qu’il
est parfois demandé par les commanditaires des dessinateurs
« fautifs » !
Attention toutefois, certains débutants tombent parfois aussi dans l’excès inverse soit en inventant des mondes complètement délirants (au risque de tomber dans l’hyper fantasy) soi en abandonnant leur roman en cours de route en découvrant que leur idée « géniaaalle » a été en fait utilisée par un autre auteur des années avant et qu’il est déjà publié le salop… Si ça vous arrive, calmez vous et ne déchirez pas votre manuscrit ! Cet auteur là n’a pas volé « votre idée », il a eu tout simplement la même que vous. Cela tient à un phénomène très littéraire appelé l’intertextualité, qui fait que l’idée absolument originale est extrêmement rare et que des concepts semblables, voire très semblables peuvent se retrouver d’un texte à l’autre. C’est un des mystères de l’imagination humaine… Abandonner votre histoire pour cela est absurde : l’auteur en question n’est pas dans votre tête et il est très probable que ce qu’il proposera n’aura rien à voir avec ce que vous voulez raconter, même si les données de base sont les mêmes.
Pour prendre l’exemple de la littérature générale : combien de livres sont des témoignages, fictifs ou non, d’anciens enfants maltraités ? Tous ces romans « psychologiques » ont le même schéma de départ mais tous sont des récits originaux et les éditeurs continueront à en éditer encore et encore…
Pour finir, l’originalité absolue n’existe pas !
Si vous vous
enfermez dans votre bureau à imaginer le monde le plus original possible, vous
allez vite vous apercevoir que beaucoup de choses ont été déjà pensées avant vous
et que vous n’êtes pas sur la bonne voie. En littérature fantasy, ce n’est pas
tant ce que vous montrez mais comment vous le faîtes !
05 avril 2008
Brouillon supérieur: De la fantasy
Maintenant que la rubrique est lancée, continuons en si bon chemin. La leçon d’aujourd’hui portera sur le genre fantasy, alors sortez donc vos parchemins et écoutez le vieux reptile cacochyme car même s’il radote, certains de ses conseils vous seront sans doute utiles que ce soit pour vous lancer ou améliorer votre écriture.
“commençons par définir clairement ce qui doit être placé sous les sons”:
Entendez par là, redéfinissons un peu les termes concernant ce genre bien particulier. Le mot “fantasy” est régulièrement utilisé comme abbréviation pour évoquer le genre appelé “Heroic fantasy” par les anglo-saxons. On pourrait traduire “Heroic-fantasy” par “médiéval-fantastique” et c’est d’ailleurs ce que le petit monde du jeu de rôle fait depuis plusieurs décennies déjà, du moins depuis que les jeux permettant d’explorer des souterrains humides dans la peau d’un mage ou d’un chevalier existent ont traversé l’Atlantique. Si vous êtes vous même rôliste ou avez des amis rôlistes, vous les entenderez peut-être même employer l’abbréviation de “Méd-fan” aussi bien pour leurs genres de jeux favoris que ceux de leurs écrits s’ils écrivent (et c’est souvent le cas).
Cependant, l’appellation anglaise a tendance à rester en matière de genre littéraire et les éditeurs français parelent plus volontiers d’ “Heroic fantasy” ou de “fantasy” tout court. Pourquoi?
En partie sans doute parce que dans “médiéval fantastique”, il y a “médiéval” et donc un rattachement à un contexte historique, même s’il est ténu, et “fantastique” ce qui renvoie à l’intrusion de surnaturel (magie, forces occultes, dieux, monstres, races fantastiques) dans un univers réaliste: en somme, une histoire “médiévale fantastique”, si l’on est tout à fait rigoureux, c’est une bonne vieille histoire fantastique se passant à l’époque médiévale (qui est vaste puisqu’elle ne se termine pas partout à la même date dans le monde et qu’elle couvre de nombreux siècles).
Pour prendre un exemple: imaginons que vous ayez construit un récit mettant en scène deux inquisiteurs en pleine Espagne des rois très catholiques et qu’ils enquêtent sur un cas supect d’immaculée conception. Arrivés au lieu dit, nos deux curetons s’aperçoivent que non seulement ce phénomène est une imposture mais que la soi-disant vierge porte en réalité le rejeton d’un Prince-démon, celui-ci défendra son petit, donnant lieu à un combat homérique...
Bon maintenant voyez vous une différence entre une telle histoire et celle, par exemple, d’Eragon de Paolini? Et bien il y en a une de taille: dans l’univers d’Eragon, magie et dragons sont choses admises et le caractère “médiéval” ne passe qu’au second plan, alors que dans le premier cas, l’introduction de la magie noire fait tout l’intérêt de l’histoire puisqu’elle transgresse les lois de notre univers.
Un dernier point: je vois quelques jeunes auteurs (souvent peu en contact avec d'autres passionnés et peu documentés) parler de "médiéval fantasy". A ceux là je dis: par pitié, gardez soi l'apellation anglaise "heroic fantasy" (sans accent, les anglo-saxons n'en utilisent pas), soi essayez de traduire par "médiéval fantastique" mais je vous en prie, pas de formule bâtarde et ni de barbarisme.
“Alors la Fantasy, c’est quoi concrètement?”
Les bons élèves du premier rang auront compris à partir de l’exemple (et pas le petit au fond qui se gratte le museau avec ses tentacules en regardant sa montre):
La fantasy est un genre dans lequel un univers, le plus souvent antique ou médiéval, est caractérisé par la présence plus ou moins marquée de la magie, du merveilleux, et dans lequel existent le plus souvent (mais pas toujours) des monstres, des races féériques ou fantastiques et des pratiquants des arts magiques. Cette présence du surnaturel est considéré comme chose admise dans cet univers, ce qui en fait précisément un univers à part.
Cet univers fantastique peut revêtir bien des aspects et même avoir des éléments de technologie plutôt rencontrés en SF et en anticipation (golems de fer pilotés, dirigeables etc.) mais cela reste rare.
A la rigueur (et je vais me faire crier dessus par les fans inconditionnels mais bon), on peut presque dire qu’une épopée comme “Star Wars”, avec sa technologie banalisée (et donc passant au second plan par rapport à l’intrigue plutôt chevaleresque: le jeune premier aidé du dur à cuir et du mentor accomplit son destin), se rapproche davantage de la fantasy que de la SF, mais nous garderons à l’esprit l’idée d’ “univers arriéré”, antique ou médiéval, pour ne pas embrouiller les nouveaux venus.
Ce que la fantasy est:
Un genre issu des mythologies:
Incontestablement, les premiers auteurs de fantasy comme R.E. HOWARD ou J.R.R TOLKIEN étaient pétris de mythes et de légendes et étaient même très érudits dans ce domaine. “Le seigneur des Anneaux” en plus d’être plaisant à lire, n’avait en fait rien d’un roman de “sword and sorcery” (anglicisme que je vais définir plus loin) mais se rapprochait plutôt d’une sorte d’épopée indo-européenne, écrite avec des extraits de poésies, de chansons (comme l’Enéide par exemple), et regorgeant de créatures issues des légendes celtes, gréco-romaines et surtout nordiques. Tolkien est un linguiste, élevé par un beau-père pasteur féru de langues mortes, et a plutôt écrit son récit en ce sens. Il ne pensait certainement pas qu’il serait adapté en film à grand spectacle et effets spéciaux bien des décennies plus tard^^.
Plus largement, les légendes anciennes (Gilgamesh, l’Anneau des Nibelungen, Les Tuatha de Danaan...) sont les premières inspiratrices des univers fantasy, de même que les contes qui se passent souvent dans un univers fantasmé et mal défini de châteaux, de princesses et de chevaliers.
Sauf que la fantasy en tant que genre n’existe que par son côté fictif et le divertissement qu’elle apporte à la lecture: les Mythes et légendes comme les contes n’avaient pas la même fonction dans l’inconscient humain. Les conteurs qui les ont inventés et développés avaient souvent un message à délivrer et croyaient eux-mêmes à certaines formes de surnaturel. Pour les anciens, refuser l’existence des géants et des sorcières était aussi absurde que refuser celle des lions et des éléphants car, même s’il était rare qu’ils aient vu des animaux exotiques, les récits de voyage (souvent pétris de fantaisies) et les blasons, leur rappelaient qu’ils avaient une certaine forme d’existence. Même chose pour la magie et les créatures fabuleuses: les anciens ne croient pas seulement à ce qu’ils perçoivent mais à ce qu’ils savent, et il faudra tout l’esprit rationnel des XIXème et XXème siècles ainsi que l’exploration accomplie du monde pour changer cet état de fait. Encore actuellement, extra-terrestres, dames blanches et autres anges gardiens constituent une forme de mythe moderne.
Tout cela pour vous dire que le réel des auteurs anciens est pétri de fantaisie, que pour eux, les apparitions et les présages expliquent parfois les évènements historiques... Un auteur qui écrit de la fantasy n’a pas la même démarche: il sait parfaitement que son univers est fictif et écrit simplement une histoire plaisante et fabuleuse pour faire s’évader le lecteur.
Un genre qui a ses codes:
Des thèmes redondants se retrouvent en fantasy. Mais il faut tout d’abord garder à l’esprit qu’elle se définit par son univers fantastique où le surnaturel est admis. Se trouvent ensuite des “codes” traditionnels qui ne définissent pas le genre mais le caractérisent souvent.
On trouve parmi eux la quête initiatique d’un héros (après tout, le thème de la quête se retrouve dès le Moyen-âge dans les romans de la Table Ronde), la destinée (prophéties et prédestination interviennent très souvent en fantasy, trop souvent diraient certains), la lutte du bien contre le mal (généralement représenté par un “grand ennemi” à la puissance phénoménale et qui se sert de cette puissance pour asseoir sa domination). Traditionnellement aussi, la fantasy se rattache au niveau technologique et aux institutions du Moyen-âge occidental (épées, côtes de mailles, présence d’une chevalerie, de rois, de châteaux etc.)
Enfin ne me faîtes pas non plus dire ce que je n’ai pas dit: la fantasy n’est pas un genre exclusivement occidental: les mangakas usent d’univers fantasy, souvent inspirés du Japon médiéval par exemple (avec ses samouraïs, ses daimyos, son code de l’honneur, son décorum etc.). La fantasy ne fait pas non plus l’apologie de la monarchie ou du mode de vie féodal, tenez-le vous pour dit: la Fantasy se passe de messages ou de considérations de ce genre, elle met en scène et s’inspire d’un décorum plus ou moins médiéval (la fantasy “antiquisante” étant beaucoup plus rare).
Un genre populaire:
Par sa finalité de divertissement et d’évasion du lecteur, la fantasy se passe de portée polémique, politique ou morale. Bien sûr, certaines œuvres donnent plus à réfléchir que d’autres et l’auteur peut introduire des thèmes qui lui sont chers (il prend néanmoins le risque que le lecteur ne soit pas perceptif à ses messages). En ce sens, la fantasy est un genre populaire puisque elle a vocation à s’adresser et à distraire le plus grand nombre de l’étudiant en chartes au mécanicien, du collégien au retraité, ce qui n’est pas le cas, par exemple, du nouveau roman ou des essais philosophiques qui eux, s’adressent plutôt à un public d’initiés que ce genre de choses intéresse.
Il est certain que les auteurs anglo-saxons ont moins de souci à se faire pour leur public que les auteurs francophones: non seulement parce que la fantasy fait davantage partie de la culture de leurs lecteurs potentiels mais aussi parce qu’ils peuvent très largement s’exporter dans tout le monde anglophone sans que cela pose des problèmes d’adaptation ou de traduction: un auteur américain a non seulement le marché américain pour lui, ce qui n’est pas rien, mais aussi le marché brittanique, australien, néo-zélandais, sud-africain etc.
La fantasy est aussi un genre populaire dans le sens où il n’est pas reconnu comme “noble” par les institutions littéraires et en particulier dans notre pays. Vous n’obtiendrez pas de place à l’Académie Française ou au Goncourt en écrivant une super trilogie de fantasy, mais entre nous, je crois que vous le savez déjà et que vous n’avez aucune envie de vous retrouver avec des décorations et une tronche de cake, n’est-ce pas?
Un genre qui laisse une certaine liberté de création:
Et c’est là sans doute, en dehors de l’aspect épique et merveilleux, ce qui attire le plus les jeunes auteurs. Point besoin de connaissances et de documentation trop fouillée pour écrire de la fantasy car l’univers, c’est vous qui le créez, votre seule limite, c’est votre imagination.
Comme pour écrire un conte, vous n’avez pas besoin de connaissances trop poussées en Moyen-âge, par exemple, pour écrire une bonne histoire qui tient debout: le fait que votre univers soit fictif vous autorise une liberté que vous n’avez pas pour un polar ou un roman historique par exemple. Ainsi, si le travail de documentation n’est pas votre fort, il est certain que vous lancer par exemple dans une saga romanesque se déroulant dans le Paris du XVIIème siècle sera pour vous un exercice hasardeux. La fantasy ne pose pas ce genre de problèmes: VOUS seul décidez de l’univers, de son histoire, de sa topographie, de son bestiaire etc.
Cela induit aussi un écueil que j’appellerais l’ “hyper fantasy”: nombre de jeunes auteurs poussent tellement loin le recours au surnaturel, au gigantisme et ont si peu de références historiques de base que leurs univers finissent par devenir décors de carton-pâte qui ne tiennent pas debout. Sachez que même en fantasy, aucun concept fantastique ne reste sans conséquence, mais de cela, j’en parlerai un peu plus loin. De même, avoir quelques points de repère sur les sociétés anciennes et leur fonctionnement est non seulement une source d’inspiration pour tout auteur de fantasy mais aussi une manière de bâtir des univers plus réalistes et donc plus cohérents.
Ce que la fantasy n’est pas:
Un genre nouveau:
Contrairement à ce que peut pensez votre tata pénible (vous savez, celle qui vous lance à chaque dîner de famille pour savoir quand est-ce que vous allez vous décidez à vous reproduire?), votre engouement pour la fantasy n’est pas pour un “truc nouveau venu des Etats-Unis”.
Si on fait impasse sur certains auteurs du XIXème et leurs oeuvres fantasmagoriques, les contes de fée ou les romans de la Table Ronde, on peut situer historiquement l’apparition des premières nouvelles de fantasy au tout début du XXème siècle. Robert Erwin Howard, le papa de Conan, est l’auteur le plus emblèmatique de cette époque. Né en 1900, il commence à écrire de solides travaux dès ses 15 ans, et publie tout d’abord dans des magazines comme Weird Tales et d’autres pulps, où le meilleur côtoie le pire. C’est d’ailleurs un contemporain et ami de Howard Phillip Lovecraft, le créateur du mythe de Cthulu, et ouaip, c’est la même époque! Tolkien est encore plus vieux puisqu’il a fait la Grande Guerre mais c’est bien plus tard qu’il se met réellement à rédiger son oeuvre.
Ce qui est certain c’est que la fantasy s’est largement popularisée à la faveur du cinéma américain, des jeux de rôle (papier comme informatique), et de l’influence de la culture anglo-saxone en général. Ancienne, la fantasy connaît depuis quelques temps le même boum que la science fiction a connu entre les années 40 et 70 (plutôt à la faveur de la Guerre Froide et des grandes peurs technologiques du XXème siècle d’ailleurs). Comme la SF, sa grande soeur, la fantasy a ceci de particulier que c’est à la fois un “mauvais genre” mais qu’elle s’exporte très bien.
Un genre masculin:
Autre idée fausse à écarter immédiatement, ou alors vous allez avoir besoin de sortir un peu plus souvent de votre bulle. Autant les fans de fantasy des années 80-90 étaient très largement des jeunes hommes initiés à ce genre de lecture, autant la masse des jeunes auteurs de fantasy est en grande partie constituée de femmes. Il suffit de s’inscrire sur un forum dédié aux “mauvais genres” pour s’en convaincre. Cela est plutôt une bonne chose: cela veut dire que des siècles de formatage social n’ont pas empêché les “scribouilleuses” de s’assumer et de rêver de batailles épiques comme d’univers légendaires plutôt que de se cantonner aux boutiques minceur et au yoga californien.
Cela veut dire aussi qu’en écrivant de la fantasy vous touchez un lectorat potentiel très mixte et que vous prenez le risque aussi de vous frotter à des comités de lecture très féminins chez les éditeurs. Mine de rien, même si ça paraît bête dit comme ça, faîtes-y attention.
Un genre réservé aux jeunes lecteurs:
Quand j’étais jeune rôliste (c’était en 1994-97, au temps des dinosaures, donc), il y avait déjà des grincheux pour dire qu’il n’y avait aucun intérêt à lire Moorcock passé 15 ans. Depuis, les jeunes boutonneux de l’époque (dont moi-même) et les grincheux de l’époque ont vieilli. Les premiers ont souvent évolué et parfois persisté dans leurs rêves et les seconds sont souvent devenus des vieux branlos avec une maison phoénix et une oreillette blue tooth sur la tête^^.
Blague à part, on entend souvent la rengaine des littératures de l’imaginaire qui sont destinées aux adolescents qui, après, vont vers des lectures plus “adultes”. Sauf qu’il s’agit à la fois d’un jugement de valeur stupide et d’une idée fausse. Nombre de ténors anglo-saxons de la fantasy ne sont plus tout jeunes et ils écrivent pour le public le plus large possible. Alors bien sûr, beaucoup de jeunes sont enclins à lire de la fantasy car ils sont, après tout, à l’âge des rêves et du défi.
De même, les éditeurs de littérature de jeunesse tendent à s’intéresser aux univers fantasy et à éditer de la fantasy pour enfants et adolescents et c’est bien normal: ils doivent faire leur blé et suivent aussi les tendances du marché, accessoirement. Alors si le jeune public en redemande, c’est sûr qu’ils lui en donneront pour son argent (ou plutôt celui de leurs parents en l’occurrence^^).
Au fait, la frontière de la jeunesse est floue et varie d’une société à une autre.
Un genre mineur ou anticonformiste:
Comme je l’ai dit plus haut, écrire de la fantasy ne fait pas de vous un rebelle anticonformiste car la fantasy attire des légions de jeunes auteurs. Ce n’est pas parce que les lecteurs ne sont pas trop nombreux dans notre pays du cartésianisme et de la rationnalité que c’est le cas partout: la fantasy représente un gros marché dans les pays anglo-saxons et même chez nous, les gros éditeurs ont des filiales qui en éditent.
Si vous voulez vous rebeller, passez plutôt à l’essai politique ou philosophique: au mieux, vous serez invités sur des plateaux télé avec vos bouquins, au pire, ça fera toujours marrer le comité de lecture de chez Minuit (et croyez moi, se faire rire au nez par Umberto Ecco est plus noble que se faire descendre par Lio et andré Manoukian).
De la Sword and sorcery:
La sword and sorcery est en quelque sorte un “sous genre” de fantasy (sans connotation péjorative, hein? C’est un petit tiroir dans un plus grand tiroir, quoi), très inspiré des univers des jeux de rôle (qui eux aussi ne pas si jeunes d’ailleurs) et qui met en scène des aventures épiques de sorciers et de guerriers (qui l’eut cru?) dans des univers généralement très classiques.
mais dire que la fantasy se limite à la sword and sorcery, c’est comme dire que la littérature française du XIXème siècle se limite au roman d’apprentissage (Balzac, Flaubert et consort), c’est à la fois réducteur et péjoratif dans la bouche de ceux qui le disent. Genre avec codes ne signifie pas “genre formaté” et de nombreux récits de fantasy ne suivent pas les shémas classiques de la sword and sorcery, par exemple, le mythe arthurien est une forme de fantasy. Malheureusement, même dans notre petit monde de littérature SFFF, nombre de gens imaginent que si on leur soumet une histoire de fantasy, il y a aura forcément des elfes, des nains, des orcs à l’est et des chevaliers-dragons et ne voudront même pas la lire.
Qu’on se le dise, la fantasy n’est pas qu’une affaire de “rôlistes beaufs”...
Un genre facile à écrire:
La liberté de création qu’offre la fantasy est à la fois un bienfait et un piège qui fait de l’écriture d’un récit fantasy un exercice finalement assez “casse-gueule” si vous me passez l’expression.
Les deux écueils les plus couramment rencontrés dans les récits de jeunes auteurs sont ce que j’appellerais l’hyper-fantasy et l’imitation.
L’hyper-fantasy, c’est le cas de l’écrivain qui se retrouve dépassé par ses propres concepts et dépeint un univers complètement délirant et qui, au final, ne tient plus debout: par exemple le mauvais baron dont le château est tiré dans le ciel par 100 dragons alors qu’il n’a même pas de paysans et qu’on ne sait pas d’où lui vient son armée de 400 000 hommes, ou encore ce chevalier errant qui est tellement investi par la puissance de son dieu qu’il détruit une compagnie de mercenaire entière sans subir d’égratignures (ne riez pas, j’ai vu l’exemple). Comme dans un mauvais scénario de jeu de rôle, la cohérence de l’univers se retrouve atteinte par trop de concepts magiques mal gérés, des personnages trop puissants, ou tout simplement, une méconnaissance flagrante des techniques et des sociétés médiévales qui conduisent à des aberrations. Un univers qui n’a pas un minimum de réalisme est univers dans lequel personne ne réussira à s’évader...
L’imitation, c’est la tendance à “faire comme” un auteur que l’on a particulièrement aimé, ou pire, un film ou une série: vous n’êtes pas le seul à avoir lu les livres de vos auteurs favoris, le cinéma comme les séries TV ont un format qui peuvent leur permettre des raccourcis et de petits incohérences scénaristiques, dans un roman, on ne vous le pardonnera pas. De plus “la photocopie ne vaut pas l’original” et un éditeur vous recevra très sévèrement si votre histoire n’est que la pâle copie d’un auteur déjà publié. Imiter Tolkien, en particulier, est un exercice périlleux: son univers est rentré dans les esprits mais son oeuvre n’a rien du pavé de “sword and sorcery” que vous pourrez trouver tous les mois à la FNAC de votre ville, c’est une série de livres complexes, au style ampoulé, mêlant différentes sortes de textes dans la plus pure tradition des auteurs latins... Croire qu’il s’agit de LA référence de fantasy archi classique est une erreur monumentale!
je rentrerai plus dans le détail des différents écueils de la fantasy dans le prochain numéro de “brouillon supérieur”. En attendant, vous avez bien mérité votre leçon!
AT "Les mots rêveurs": Malédiction
En attendant la suite des tutoriels "Brouillon supérieur", je vous fait part ici d'un AT qui me plaît bien, bizarrement!^^ C'est celui des Mots Rêveurs:
http://lesmotsreveurs.com/forum/viewtopic.php?f=28&t=260
| Citation: |
| Malédiction
Alors que le comité de corrections/rédaction planche sur le premier opus, l'AT pour le deuxième est ouvert, avec comme thème la malédiction ! Un objet récupéré dans le temple d'un dieu, un village bâtit sur une terre sacrée, un démon qui poursuit un homme, une couleur de peau différente, un physique disgracieux, une simple poupée vaudou, un mauvais karma, la malchance, le destin, la fatalité : inutile de croiser une sorcière pour se retrouver maudit à tout jamais. Mais finalement peu importe la source, l'important n'est-il pas de savoir qui du Maudit ou de la Malédiction sera le plus fort ? Échéance le 20 juin 2008 Tous les genres sont acceptés, avec toutefois une préférence pour la Fantasy Nombre de caractères maximum : 70000 (espaces compris) Pour la présentation, insérez dans l'en-tête de votre fichier texte votre nom, votre adresse email, le nom de votre nouvelle et le numéro de page. Texte à envoyer à webmaster@lesmotsreveurs.com En espérant de nombreuses participations ! |









