05 avril 2008
Brouillon supérieur: De la fantasy
Maintenant que la rubrique est lancée, continuons en si bon chemin. La leçon d’aujourd’hui portera sur le genre fantasy, alors sortez donc vos parchemins et écoutez le vieux reptile cacochyme car même s’il radote, certains de ses conseils vous seront sans doute utiles que ce soit pour vous lancer ou améliorer votre écriture.
“commençons par définir clairement ce qui doit être placé sous les sons”:
Entendez par là, redéfinissons un peu les termes concernant ce genre bien particulier. Le mot “fantasy” est régulièrement utilisé comme abbréviation pour évoquer le genre appelé “Heroic fantasy” par les anglo-saxons. On pourrait traduire “Heroic-fantasy” par “médiéval-fantastique” et c’est d’ailleurs ce que le petit monde du jeu de rôle fait depuis plusieurs décennies déjà, du moins depuis que les jeux permettant d’explorer des souterrains humides dans la peau d’un mage ou d’un chevalier existent ont traversé l’Atlantique. Si vous êtes vous même rôliste ou avez des amis rôlistes, vous les entenderez peut-être même employer l’abbréviation de “Méd-fan” aussi bien pour leurs genres de jeux favoris que ceux de leurs écrits s’ils écrivent (et c’est souvent le cas).
Cependant, l’appellation anglaise a tendance à rester en matière de genre littéraire et les éditeurs français parelent plus volontiers d’ “Heroic fantasy” ou de “fantasy” tout court. Pourquoi?
En partie sans doute parce que dans “médiéval fantastique”, il y a “médiéval” et donc un rattachement à un contexte historique, même s’il est ténu, et “fantastique” ce qui renvoie à l’intrusion de surnaturel (magie, forces occultes, dieux, monstres, races fantastiques) dans un univers réaliste: en somme, une histoire “médiévale fantastique”, si l’on est tout à fait rigoureux, c’est une bonne vieille histoire fantastique se passant à l’époque médiévale (qui est vaste puisqu’elle ne se termine pas partout à la même date dans le monde et qu’elle couvre de nombreux siècles).
Pour prendre un exemple: imaginons que vous ayez construit un récit mettant en scène deux inquisiteurs en pleine Espagne des rois très catholiques et qu’ils enquêtent sur un cas supect d’immaculée conception. Arrivés au lieu dit, nos deux curetons s’aperçoivent que non seulement ce phénomène est une imposture mais que la soi-disant vierge porte en réalité le rejeton d’un Prince-démon, celui-ci défendra son petit, donnant lieu à un combat homérique...
Bon maintenant voyez vous une différence entre une telle histoire et celle, par exemple, d’Eragon de Paolini? Et bien il y en a une de taille: dans l’univers d’Eragon, magie et dragons sont choses admises et le caractère “médiéval” ne passe qu’au second plan, alors que dans le premier cas, l’introduction de la magie noire fait tout l’intérêt de l’histoire puisqu’elle transgresse les lois de notre univers.
Un dernier point: je vois quelques jeunes auteurs (souvent peu en contact avec d'autres passionnés et peu documentés) parler de "médiéval fantasy". A ceux là je dis: par pitié, gardez soi l'apellation anglaise "heroic fantasy" (sans accent, les anglo-saxons n'en utilisent pas), soi essayez de traduire par "médiéval fantastique" mais je vous en prie, pas de formule bâtarde et ni de barbarisme.
“Alors la Fantasy, c’est quoi concrètement?”
Les bons élèves du premier rang auront compris à partir de l’exemple (et pas le petit au fond qui se gratte le museau avec ses tentacules en regardant sa montre):
La fantasy est un genre dans lequel un univers, le plus souvent antique ou médiéval, est caractérisé par la présence plus ou moins marquée de la magie, du merveilleux, et dans lequel existent le plus souvent (mais pas toujours) des monstres, des races féériques ou fantastiques et des pratiquants des arts magiques. Cette présence du surnaturel est considéré comme chose admise dans cet univers, ce qui en fait précisément un univers à part.
Cet univers fantastique peut revêtir bien des aspects et même avoir des éléments de technologie plutôt rencontrés en SF et en anticipation (golems de fer pilotés, dirigeables etc.) mais cela reste rare.
A la rigueur (et je vais me faire crier dessus par les fans inconditionnels mais bon), on peut presque dire qu’une épopée comme “Star Wars”, avec sa technologie banalisée (et donc passant au second plan par rapport à l’intrigue plutôt chevaleresque: le jeune premier aidé du dur à cuir et du mentor accomplit son destin), se rapproche davantage de la fantasy que de la SF, mais nous garderons à l’esprit l’idée d’ “univers arriéré”, antique ou médiéval, pour ne pas embrouiller les nouveaux venus.
Ce que la fantasy est:
Un genre issu des mythologies:
Incontestablement, les premiers auteurs de fantasy comme R.E. HOWARD ou J.R.R TOLKIEN étaient pétris de mythes et de légendes et étaient même très érudits dans ce domaine. “Le seigneur des Anneaux” en plus d’être plaisant à lire, n’avait en fait rien d’un roman de “sword and sorcery” (anglicisme que je vais définir plus loin) mais se rapprochait plutôt d’une sorte d’épopée indo-européenne, écrite avec des extraits de poésies, de chansons (comme l’Enéide par exemple), et regorgeant de créatures issues des légendes celtes, gréco-romaines et surtout nordiques. Tolkien est un linguiste, élevé par un beau-père pasteur féru de langues mortes, et a plutôt écrit son récit en ce sens. Il ne pensait certainement pas qu’il serait adapté en film à grand spectacle et effets spéciaux bien des décennies plus tard^^.
Plus largement, les légendes anciennes (Gilgamesh, l’Anneau des Nibelungen, Les Tuatha de Danaan...) sont les premières inspiratrices des univers fantasy, de même que les contes qui se passent souvent dans un univers fantasmé et mal défini de châteaux, de princesses et de chevaliers.
Sauf que la fantasy en tant que genre n’existe que par son côté fictif et le divertissement qu’elle apporte à la lecture: les Mythes et légendes comme les contes n’avaient pas la même fonction dans l’inconscient humain. Les conteurs qui les ont inventés et développés avaient souvent un message à délivrer et croyaient eux-mêmes à certaines formes de surnaturel. Pour les anciens, refuser l’existence des géants et des sorcières était aussi absurde que refuser celle des lions et des éléphants car, même s’il était rare qu’ils aient vu des animaux exotiques, les récits de voyage (souvent pétris de fantaisies) et les blasons, leur rappelaient qu’ils avaient une certaine forme d’existence. Même chose pour la magie et les créatures fabuleuses: les anciens ne croient pas seulement à ce qu’ils perçoivent mais à ce qu’ils savent, et il faudra tout l’esprit rationnel des XIXème et XXème siècles ainsi que l’exploration accomplie du monde pour changer cet état de fait. Encore actuellement, extra-terrestres, dames blanches et autres anges gardiens constituent une forme de mythe moderne.
Tout cela pour vous dire que le réel des auteurs anciens est pétri de fantaisie, que pour eux, les apparitions et les présages expliquent parfois les évènements historiques... Un auteur qui écrit de la fantasy n’a pas la même démarche: il sait parfaitement que son univers est fictif et écrit simplement une histoire plaisante et fabuleuse pour faire s’évader le lecteur.
Un genre qui a ses codes:
Des thèmes redondants se retrouvent en fantasy. Mais il faut tout d’abord garder à l’esprit qu’elle se définit par son univers fantastique où le surnaturel est admis. Se trouvent ensuite des “codes” traditionnels qui ne définissent pas le genre mais le caractérisent souvent.
On trouve parmi eux la quête initiatique d’un héros (après tout, le thème de la quête se retrouve dès le Moyen-âge dans les romans de la Table Ronde), la destinée (prophéties et prédestination interviennent très souvent en fantasy, trop souvent diraient certains), la lutte du bien contre le mal (généralement représenté par un “grand ennemi” à la puissance phénoménale et qui se sert de cette puissance pour asseoir sa domination). Traditionnellement aussi, la fantasy se rattache au niveau technologique et aux institutions du Moyen-âge occidental (épées, côtes de mailles, présence d’une chevalerie, de rois, de châteaux etc.)
Enfin ne me faîtes pas non plus dire ce que je n’ai pas dit: la fantasy n’est pas un genre exclusivement occidental: les mangakas usent d’univers fantasy, souvent inspirés du Japon médiéval par exemple (avec ses samouraïs, ses daimyos, son code de l’honneur, son décorum etc.). La fantasy ne fait pas non plus l’apologie de la monarchie ou du mode de vie féodal, tenez-le vous pour dit: la Fantasy se passe de messages ou de considérations de ce genre, elle met en scène et s’inspire d’un décorum plus ou moins médiéval (la fantasy “antiquisante” étant beaucoup plus rare).
Un genre populaire:
Par sa finalité de divertissement et d’évasion du lecteur, la fantasy se passe de portée polémique, politique ou morale. Bien sûr, certaines œuvres donnent plus à réfléchir que d’autres et l’auteur peut introduire des thèmes qui lui sont chers (il prend néanmoins le risque que le lecteur ne soit pas perceptif à ses messages). En ce sens, la fantasy est un genre populaire puisque elle a vocation à s’adresser et à distraire le plus grand nombre de l’étudiant en chartes au mécanicien, du collégien au retraité, ce qui n’est pas le cas, par exemple, du nouveau roman ou des essais philosophiques qui eux, s’adressent plutôt à un public d’initiés que ce genre de choses intéresse.
Il est certain que les auteurs anglo-saxons ont moins de souci à se faire pour leur public que les auteurs francophones: non seulement parce que la fantasy fait davantage partie de la culture de leurs lecteurs potentiels mais aussi parce qu’ils peuvent très largement s’exporter dans tout le monde anglophone sans que cela pose des problèmes d’adaptation ou de traduction: un auteur américain a non seulement le marché américain pour lui, ce qui n’est pas rien, mais aussi le marché brittanique, australien, néo-zélandais, sud-africain etc.
La fantasy est aussi un genre populaire dans le sens où il n’est pas reconnu comme “noble” par les institutions littéraires et en particulier dans notre pays. Vous n’obtiendrez pas de place à l’Académie Française ou au Goncourt en écrivant une super trilogie de fantasy, mais entre nous, je crois que vous le savez déjà et que vous n’avez aucune envie de vous retrouver avec des décorations et une tronche de cake, n’est-ce pas?
Un genre qui laisse une certaine liberté de création:
Et c’est là sans doute, en dehors de l’aspect épique et merveilleux, ce qui attire le plus les jeunes auteurs. Point besoin de connaissances et de documentation trop fouillée pour écrire de la fantasy car l’univers, c’est vous qui le créez, votre seule limite, c’est votre imagination.
Comme pour écrire un conte, vous n’avez pas besoin de connaissances trop poussées en Moyen-âge, par exemple, pour écrire une bonne histoire qui tient debout: le fait que votre univers soit fictif vous autorise une liberté que vous n’avez pas pour un polar ou un roman historique par exemple. Ainsi, si le travail de documentation n’est pas votre fort, il est certain que vous lancer par exemple dans une saga romanesque se déroulant dans le Paris du XVIIème siècle sera pour vous un exercice hasardeux. La fantasy ne pose pas ce genre de problèmes: VOUS seul décidez de l’univers, de son histoire, de sa topographie, de son bestiaire etc.
Cela induit aussi un écueil que j’appellerais l’ “hyper fantasy”: nombre de jeunes auteurs poussent tellement loin le recours au surnaturel, au gigantisme et ont si peu de références historiques de base que leurs univers finissent par devenir décors de carton-pâte qui ne tiennent pas debout. Sachez que même en fantasy, aucun concept fantastique ne reste sans conséquence, mais de cela, j’en parlerai un peu plus loin. De même, avoir quelques points de repère sur les sociétés anciennes et leur fonctionnement est non seulement une source d’inspiration pour tout auteur de fantasy mais aussi une manière de bâtir des univers plus réalistes et donc plus cohérents.
Ce que la fantasy n’est pas:
Un genre nouveau:
Contrairement à ce que peut pensez votre tata pénible (vous savez, celle qui vous lance à chaque dîner de famille pour savoir quand est-ce que vous allez vous décidez à vous reproduire?), votre engouement pour la fantasy n’est pas pour un “truc nouveau venu des Etats-Unis”.
Si on fait impasse sur certains auteurs du XIXème et leurs oeuvres fantasmagoriques, les contes de fée ou les romans de la Table Ronde, on peut situer historiquement l’apparition des premières nouvelles de fantasy au tout début du XXème siècle. Robert Erwin Howard, le papa de Conan, est l’auteur le plus emblèmatique de cette époque. Né en 1900, il commence à écrire de solides travaux dès ses 15 ans, et publie tout d’abord dans des magazines comme Weird Tales et d’autres pulps, où le meilleur côtoie le pire. C’est d’ailleurs un contemporain et ami de Howard Phillip Lovecraft, le créateur du mythe de Cthulu, et ouaip, c’est la même époque! Tolkien est encore plus vieux puisqu’il a fait la Grande Guerre mais c’est bien plus tard qu’il se met réellement à rédiger son oeuvre.
Ce qui est certain c’est que la fantasy s’est largement popularisée à la faveur du cinéma américain, des jeux de rôle (papier comme informatique), et de l’influence de la culture anglo-saxone en général. Ancienne, la fantasy connaît depuis quelques temps le même boum que la science fiction a connu entre les années 40 et 70 (plutôt à la faveur de la Guerre Froide et des grandes peurs technologiques du XXème siècle d’ailleurs). Comme la SF, sa grande soeur, la fantasy a ceci de particulier que c’est à la fois un “mauvais genre” mais qu’elle s’exporte très bien.
Un genre masculin:
Autre idée fausse à écarter immédiatement, ou alors vous allez avoir besoin de sortir un peu plus souvent de votre bulle. Autant les fans de fantasy des années 80-90 étaient très largement des jeunes hommes initiés à ce genre de lecture, autant la masse des jeunes auteurs de fantasy est en grande partie constituée de femmes. Il suffit de s’inscrire sur un forum dédié aux “mauvais genres” pour s’en convaincre. Cela est plutôt une bonne chose: cela veut dire que des siècles de formatage social n’ont pas empêché les “scribouilleuses” de s’assumer et de rêver de batailles épiques comme d’univers légendaires plutôt que de se cantonner aux boutiques minceur et au yoga californien.
Cela veut dire aussi qu’en écrivant de la fantasy vous touchez un lectorat potentiel très mixte et que vous prenez le risque aussi de vous frotter à des comités de lecture très féminins chez les éditeurs. Mine de rien, même si ça paraît bête dit comme ça, faîtes-y attention.
Un genre réservé aux jeunes lecteurs:
Quand j’étais jeune rôliste (c’était en 1994-97, au temps des dinosaures, donc), il y avait déjà des grincheux pour dire qu’il n’y avait aucun intérêt à lire Moorcock passé 15 ans. Depuis, les jeunes boutonneux de l’époque (dont moi-même) et les grincheux de l’époque ont vieilli. Les premiers ont souvent évolué et parfois persisté dans leurs rêves et les seconds sont souvent devenus des vieux branlos avec une maison phoénix et une oreillette blue tooth sur la tête^^.
Blague à part, on entend souvent la rengaine des littératures de l’imaginaire qui sont destinées aux adolescents qui, après, vont vers des lectures plus “adultes”. Sauf qu’il s’agit à la fois d’un jugement de valeur stupide et d’une idée fausse. Nombre de ténors anglo-saxons de la fantasy ne sont plus tout jeunes et ils écrivent pour le public le plus large possible. Alors bien sûr, beaucoup de jeunes sont enclins à lire de la fantasy car ils sont, après tout, à l’âge des rêves et du défi.
De même, les éditeurs de littérature de jeunesse tendent à s’intéresser aux univers fantasy et à éditer de la fantasy pour enfants et adolescents et c’est bien normal: ils doivent faire leur blé et suivent aussi les tendances du marché, accessoirement. Alors si le jeune public en redemande, c’est sûr qu’ils lui en donneront pour son argent (ou plutôt celui de leurs parents en l’occurrence^^).
Au fait, la frontière de la jeunesse est floue et varie d’une société à une autre.
Un genre mineur ou anticonformiste:
Comme je l’ai dit plus haut, écrire de la fantasy ne fait pas de vous un rebelle anticonformiste car la fantasy attire des légions de jeunes auteurs. Ce n’est pas parce que les lecteurs ne sont pas trop nombreux dans notre pays du cartésianisme et de la rationnalité que c’est le cas partout: la fantasy représente un gros marché dans les pays anglo-saxons et même chez nous, les gros éditeurs ont des filiales qui en éditent.
Si vous voulez vous rebeller, passez plutôt à l’essai politique ou philosophique: au mieux, vous serez invités sur des plateaux télé avec vos bouquins, au pire, ça fera toujours marrer le comité de lecture de chez Minuit (et croyez moi, se faire rire au nez par Umberto Ecco est plus noble que se faire descendre par Lio et andré Manoukian).
De la Sword and sorcery:
La sword and sorcery est en quelque sorte un “sous genre” de fantasy (sans connotation péjorative, hein? C’est un petit tiroir dans un plus grand tiroir, quoi), très inspiré des univers des jeux de rôle (qui eux aussi ne pas si jeunes d’ailleurs) et qui met en scène des aventures épiques de sorciers et de guerriers (qui l’eut cru?) dans des univers généralement très classiques.
mais dire que la fantasy se limite à la sword and sorcery, c’est comme dire que la littérature française du XIXème siècle se limite au roman d’apprentissage (Balzac, Flaubert et consort), c’est à la fois réducteur et péjoratif dans la bouche de ceux qui le disent. Genre avec codes ne signifie pas “genre formaté” et de nombreux récits de fantasy ne suivent pas les shémas classiques de la sword and sorcery, par exemple, le mythe arthurien est une forme de fantasy. Malheureusement, même dans notre petit monde de littérature SFFF, nombre de gens imaginent que si on leur soumet une histoire de fantasy, il y a aura forcément des elfes, des nains, des orcs à l’est et des chevaliers-dragons et ne voudront même pas la lire.
Qu’on se le dise, la fantasy n’est pas qu’une affaire de “rôlistes beaufs”...
Un genre facile à écrire:
La liberté de création qu’offre la fantasy est à la fois un bienfait et un piège qui fait de l’écriture d’un récit fantasy un exercice finalement assez “casse-gueule” si vous me passez l’expression.
Les deux écueils les plus couramment rencontrés dans les récits de jeunes auteurs sont ce que j’appellerais l’hyper-fantasy et l’imitation.
L’hyper-fantasy, c’est le cas de l’écrivain qui se retrouve dépassé par ses propres concepts et dépeint un univers complètement délirant et qui, au final, ne tient plus debout: par exemple le mauvais baron dont le château est tiré dans le ciel par 100 dragons alors qu’il n’a même pas de paysans et qu’on ne sait pas d’où lui vient son armée de 400 000 hommes, ou encore ce chevalier errant qui est tellement investi par la puissance de son dieu qu’il détruit une compagnie de mercenaire entière sans subir d’égratignures (ne riez pas, j’ai vu l’exemple). Comme dans un mauvais scénario de jeu de rôle, la cohérence de l’univers se retrouve atteinte par trop de concepts magiques mal gérés, des personnages trop puissants, ou tout simplement, une méconnaissance flagrante des techniques et des sociétés médiévales qui conduisent à des aberrations. Un univers qui n’a pas un minimum de réalisme est univers dans lequel personne ne réussira à s’évader...
L’imitation, c’est la tendance à “faire comme” un auteur que l’on a particulièrement aimé, ou pire, un film ou une série: vous n’êtes pas le seul à avoir lu les livres de vos auteurs favoris, le cinéma comme les séries TV ont un format qui peuvent leur permettre des raccourcis et de petits incohérences scénaristiques, dans un roman, on ne vous le pardonnera pas. De plus “la photocopie ne vaut pas l’original” et un éditeur vous recevra très sévèrement si votre histoire n’est que la pâle copie d’un auteur déjà publié. Imiter Tolkien, en particulier, est un exercice périlleux: son univers est rentré dans les esprits mais son oeuvre n’a rien du pavé de “sword and sorcery” que vous pourrez trouver tous les mois à la FNAC de votre ville, c’est une série de livres complexes, au style ampoulé, mêlant différentes sortes de textes dans la plus pure tradition des auteurs latins... Croire qu’il s’agit de LA référence de fantasy archi classique est une erreur monumentale!
je rentrerai plus dans le détail des différents écueils de la fantasy dans le prochain numéro de “brouillon supérieur”. En attendant, vous avez bien mérité votre leçon!





